Homélie pour le seizième dimanche dans l'année - Année A - Mt. 13, 24-30par le Père Daniel Meynen "Jésus exposa à la foule une autre parabole : «Le royaume des cieux est semblable à ceci : Un homme avait semé du bon grain dans son champ. Mais à l'heure où reposent les hommes, son ennemi vint semer l'ivraie parmi le froment, et s'en alla. Quand la tige eut monté en épi, l'ivraie parut aussi. Les serviteurs du propriétaire vinrent lui dire : Maître, n'as-tu pas semé du bon grain dans ton champ ? Comment alors donne-t-il de l'ivraie ? - C'est, leur dit-il, un ennemi qui a fait cela. Les serviteurs alors de lui dire : Veux-tu ? nous irons l'arracher. - Non, fit-il ; en arrachant l'ivraie, vous risqueriez d'enlever aussi le froment. Laissez-les croître ensemble jusqu'à la moisson. Au temps de la récolte, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d'abord l'ivraie, liez-la en gerbes pour la brûler. Vous rentrerez alors le froment dans mon grenier.» " Homélie :"Jésus exposa à la foule une autre parabole : «Le royaume des cieux est semblable à ceci : Un homme avait semé du bon grain dans son champ. Mais à l'heure où reposent les hommes, son ennemi vint semer l'ivraie parmi le froment, et s'en alla.» "
Jésus vient de raconter la parabole du semeur, et il continue son discours en exposant une autre parabole, sur un sujet semblable : l'histoire d'un homme qui avait semé du bon grain dans son champ, mais qui fut surpris par les mauvaises actions de son ennemi... Bref, une histoire banale, et pourtant tragique : une histoire telle que l'humanité en a vécue et en vit encore, depuis que Caïn tua Abel au commencement de la longue pérégrination des hommes jetés hors du Paradis terrestre...
Il ne faut pas voir le mal partout et tout le temps. Mais restons vigilants ! Plus nous avançons dans le temps, à la rencontre du Christ glorieux, plus le démon, l'ennemi de la nature humaine, voit son heure approcher et le moment de sa défaite ultime sonner par le rententissement des trompettes du Jugement de Dieu ! Aussi, le combat se fait plus violent, plus insidieux, surtout à cause de l'obscurité de la nuit pendant laquelle l'ennemi opère : "Mais à l'heure où reposent les hommes, son ennemi vint..."
L'ennemi aime la nuit, il aime l'obscurité, car il hait la lumière : "Tout homme qui fait le mal déteste la lumière et ne vient point à elle, de peur que ses oeuvres ne soient réprouvées." (Jn. 3, 20) C'est la nuit que l'ennemi vient répandre de l'ivraie dans le champ où l'on a semé du bon grain, car alors le soleil a disparu de l'autre côté de la terre. La nuit, c'est le temps du combat, du bon combat de la foi : c'est le temps qui rappelle cette nuit unique dans l'histoire de l'humanité, cette nuit de la Résurrection, où seule Marie, la Mère de Jésus avait gardé la foi et l'espérance en son Fils mort sur la Croix...
La nuit, il n'y a qu'un seul astre qui renvoie sur la terre la lumière du soleil : c'est la lune ! La lumière du Soleil de Justice, qui est le Christ, est réfléchie sur la terre par la Lune, cet astre tout proche de nous, et qui symbolise la Mère de Dieu, telle que le Livre de l'Apocalypse la décrit : "Parut dans le ciel un grand signe : une Femme enveloppée dans le soleil, la lune sous les pieds, la tête couronnée de douze étoiles." (Ap. 12, 1) La nuit, un seul être peut nous aider à combattre le démon : la Vierge Marie, Celle qui doit écraser la tête du serpent (cf. Gn. 3, 15) !
" «Quand la tige eut monté en épi, l'ivraie parut aussi. Les serviteurs du propriétaire vinrent lui dire : Maître, n'as-tu pas semé du bon grain dans ton champ ? Comment alors donne-t-il de l'ivraie ? - C'est, leur dit-il, un ennemi qui a fait cela. Les serviteurs alors de lui dire : Veux-tu ? nous irons l'arracher. - Non, fit-il ; en arrachant l'ivraie, vous risqueriez d'enlever aussi le froment.» "
Comme Jésus l'a lui-même expliqué, "le champ, c'est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l'ivraie ce sont les fils du Malin." (Mt. 13, 38) Depuis le péché originel, il y a toujours eu dans le monde, des fils de Dieu et des fils du démon, des enfants de Lumière et des enfants des ténèbres... Mais, pour reprendre le symbolisme de la parabole, c'est au fur et à mesure que le bon grain et l'ivraie ont grandi que les fils de Lumière et les fils des ténèbres se sont manifestés : plus le temps passe et plus on avance vers le retour du Seigneur en Gloire, plus la connaissance des faits et gestes des bons et des mauvais se font connaître aux yeux de tous !
Pour faire une digression, on peut très bien affirmer qu'il est venu le temps où, grâce à l'Internet, l'Oeuvre de Dieu parmi les hommes est manifestée au monde entier, au moins d'une manière potentielle. Car s'il est fort difficile d'envoyer une lettre, un journal, ou un périodique à toutes les personnes du monde entier, il est néanmoins aisé de mettre à disposition de tout un chacun n'importe quelle information sur un site du Web, et notamment tout ce qui concerne la Parole de Dieu...
Mais pour revenir à la parabole de Jésus, remarquons bien la mansuétude et la patience du Seigneur : il ne veut pas que ses serviteurs aillent arracher l'ivraie, de peur d'arracher aussi le bon grain ! Si le Seigneur agit ainsi, c'est parce qu'il espère et attend toujours la conversion des pécheurs et de tous ceux qui font le mal... Ayons nous aussi cette patience envers nos semblables, et pareillement envers nous-mêmes... Convertissons-nous et ne nous laissons pas décourager par nos faiblesses !
" «Laissez-les croître ensemble jusqu'à la moisson. Au temps de la récolte, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d'abord l'ivraie, liez-la en gerbes pour la brûler. Vous rentrerez alors le froment dans mon grenier.» "
C'est Jésus lui-même qui nous explique ce dernier paragraphe : "La moisson, c'est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. Et comme on arrache l'ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l'Homme enverra ses anges qui enlèveront de son royaume tous les scandales et ceux qui font le mal, et les jetteront dans la fournaise ardente ; là seront les pleurs et les grincements de dents. Alors aussi, dans le royaume de leur Père, les justes resplendiront comme le soleil. A bon entendeur d'entendre !" (Mt. 13, 39-43)
Que, par Marie, qui éclaire notre nuit de sa douce lumière, le Seigneur nous accorde sa miséricorde et sa grâce pour nous conduire tous au Royaume de son Père, dans la Lumière de l'Esprit-Saint ! Amen !
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