![]()
Homélie
pour le seizième Dimanche dans l'Année Sap 12, 13 & 16-19 - Rm 8, 26-27 - Mt 13, 24-30 par le Chanoine Dr. Daniel Meynen
La Force sage de Dieu
|
|
Sap 12, 13 & 16-19
Sap 12, 13, Il n'y a pas, en dehors de toi qui t'occupes de tout, un Dieu à qui tu doives montrer que rien n'est injuste en tes jugements... 16, Car ta force est le fondement de ta justice, et ta maîtrise de tout te fait épargner tout. 17, Tu montres ta force à ceux qui ne croient pas en ta puissance, et tu confonds ceux qui la connaissent et osent la braver. 18, Maître de ta force, tu juges avec bonté, et tu nous gouvernes avec grande indulgence, parce que toujours il t'est possible d'user de ton pouvoir quand il te plaît. 19, En agissant de la sorte, tu as montré à ton peuple que le juste doit être ami des hommes, et tu as inspiré à tes fils le bon espoir qu'après leurs fautes tu leur donneras le repentir.
Dieu, notre Dieu, est unique. Il est parfait et rien ne lui manque. Il ne dépend d'aucun être que de lui-même. Quand Il prend une décision, elle est juste, elle est parfaite. Comme le dit l'auteur du Livre de la Sagesse, s'adressant à Dieu lui-même : "Il n'y a pas, en dehors de toi qui t'occupes de tout, un Dieu à qui tu doives montrer que rien n'est injuste en tes jugements." (Sap 12, 13) Dieu est parfaitement sage en tout ce qu'il dit et fait. Même si Dieu est tout-puissant, Il reste sage et c'est avec sagesse qu'Il use de sa toute-puissance.
Quelle merveille ! Un Dieu, tel que notre Dieu ! N'avons-nous pas une chance unique d'être chrétien ? N'est-ce pas merveilleux de croire en un tel Dieu ? Redisons notre acte de foi : Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous avez révélées, et que vous nous enseignez par votre Église ; parce que vous ne pouvez ni vous tromper, ni nous tromper.
En effet, Dieu ne peut ni se tromper, ni nous tromper ! Quand Il décide d'user de sa toute-puissance, Il a raison. Quand Il décide de ne pas employer sa toute-puissance, Il a encore raison. Tout dépend des circonstances. Parfois le temps n'est pas venu : il faut attendre. Quand nous prions le Seigneur en lui demandant de nous aider à vaincre tel obstacle, comme une maladie, par exemple, il arrive que le Seignur nous fasse attendre, parfois longtemps... Car nous prions à la manière humaine, selon nos courtes vues. Alors que le Seigneur, embrassant d'un regard toute l'éternité et la multitude des personnes, prend la juste décision au moment opportun.
|
|
Rm 8, 26-27
Rm 8, 26, De son côté, l'Esprit vient en aide à notre faiblesse ; nous ne savons pas ce que nous devons demander, ni prier comme il faut ; mais l'Esprit lui-même intercède pour nous, par des soupirs ineffables. 27, Et Celui qui scrute les coeurs connaît quelle est l'aspiration de l'Esprit : il sait qu'il intercède selon Dieu en faveur des saints.
Comme nous avons commencé l'Année "Saint Paul", je vous recommande la lecture des commentaires sur de nombreux passages des épîtres de Saint Paul rédigés et publiés sur mon site en 1998 et 1999. Il s'agit de 22 feuillets sur les passages où Saint Paul parle de l'Esprit-Saint, et 7 feuillets sur les passages où Saint Paul parle du Père : http://meynen.homily-service.net/franc/esprit.htm http://meynen.homily-service.net/franc/pere.htm Le passage qui constitue l'épître de ce jour a été commenté au feuillet n° 8, en date du 21 mars 1998.
"L'Esprit vient en aide à notre faiblesse." Assurément, l'Esprit-Saint prie le Père avec nous quand nous le prions avec confiance. Si l'Esprit-Saint prie avec nous, c'est parce que lui seul, en tant que Dieu, sait exactement ce dont nous avons besoin à tel instant précis. Il est tout à fait inutile que Dieu nous donne telle ou telle chose maintenant, alors que l'heure n'est pas venue. Dieu a son temps, même si quelquefois la Très Sainte Vierge Marie bouscule, apparemment, les plans de Dieu : "Le vin manqua. La mère de Jésus lui dit : «Ils n'ont plus de vin.» Jésus lui répondit : «Femme, en quoi cela nous concerne-t-il ? Mon heure n'est pas encore venue.» Sa mère dit aux serviteurs : «Faites tout ce qu'il vous dira.» " (Jn 2, 3-5) En fait, les plans de Dieu ne sont pas modifiés aux noces de Cana : ils sont lus par Marie, à sa manière, en tant qu'Épouse de l'Esprit-Saint...
|
|
Mt 13, 24-30
Mt 13, 24, Jésus exposa à la foule une autre parabole : «Le royaume des cieux est semblable à ceci : Un homme avait semé du bon grain dans son champ. 25, Mais à l’heure où reposent les hommes, son ennemi vint semer l’ivraie parmi le froment, et s’en alla. 26, Quand la tige eut monté en épi, l’ivraie parut aussi. 27, Les serviteurs du propriétaire vinrent lui dire : Maître, n’as-tu pas semé du bon grain dans ton champ ? Comment alors donne-t-il de l’ivraie ? - 28, C’est, leur dit-il, un ennemi qui a fait cela. Les serviteurs alors de lui dire : Veux-tu ? nous irons l’arracher. - 29, Non, fit-il ; en arrachant l’ivraie, vous risqueriez d’enlever aussi le froment. 30, Laissez-les croître ensemble jusqu’à la moisson. Au temps de la récolte, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d’abord l’ivraie, liez-la en gerbes pour la brûler. Vous rentrerez alors le froment dans mon grenier.»
J'ai retranscrit ici la forme brève de l'évangile de ce dimanche. La forme longue comporte aussi les versets 31 à 43 du chapitre 13 de Saint Matthieu. C'est dans cette forme longue que nous trouvons l'explication de Jésus concernant la parabole de l'ivraie et du bon grain :
Mt 13, 37, Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'Homme ; 38, le champ, c'est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l'ivraie ce sont les fils du Malin ; 39, l'ennemi, qui l'a semée, c'est le diable ; la moisson, c'est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. 40, Et comme on arrache l'ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. 41, Le Fils de l'Homme enverra ses anges qui enlèveront de son royaume tous les scandales et ceux qui font le mal, 42, et les jetteront dans la fournaise ardente ; là seront les pleurs et les grincements de dents. 43, Alors aussi, dans le royaume de leur Père, les justes resplendiront comme le soleil. A bon entendeur d'entendre !
Par cette parabole, Jésus nous montre toute la patience de Dieu. Nous voudrions qu'il n'y ait plus d'ivraie dans le champ de l'Église et du monde. Mais cela ne sera vrai qu'à la fin du monde, pas avant. Il nous faut prendre patience, tout comme Dieu. Soyons indulgents et miséricordieux : ceux qui font le mal dans le monde et dans l'Église ont encore un peu de temps pour se repentir et se convertir...
Prions la Très Sainte Vierge Marie, afin qu'elle nous apprenne à être patients et miséricordieux !
|
| Pour commander tout de suite l'homélie hebdomadaire, cliquez ici ! |