Homélie pour le dix-huitième Dimanche
dans l'Année - Année A

Is 55, 1-3 - Rm 8, 35 & 37-39 - Mt 14, 13-21

par le Chanoine Dr. Daniel Meynen


Le don gratuit de Dieu



Is 55, 1-3


Is 55, 1, Vous tous qui êtes altérés, venez à la source des eaux ; même si vous n'avez pas d'argent, venez acheter du blé sans argent, du vin et du lait sans les payer ! 2, Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, et le produit de votre travail pour ce qui ne rassasie pas ? Si vous m'écoutez, vous mangerez des mets exquis, une nourriture succulente fera vos délices. 3, Prêtez-moi l'oreille et venez à moi, écoutez, et votre âme vivra. Je veux conclure avec vous une alliance éternelle, vous octroyant les faveurs assurées à David.


Tout don de Dieu est gratuit. Car Dieu est le Bien suprême. Cela veut dire que Dieu est parfait en lui-même et que rien ne peut lui être donné qu'il n'a pas en tant qu'Être suprême, parfait et infini.


Dieu donne gratuitement, et ce qu'il donne, c'est sa grâce. Or tout don gratuit, et donc tout don gratuit de Dieu procède de l'amour : en nous donnant sa grâce, Dieu, qui "est Amour" (1 Jn 4, 8), nous témoigne de son amour pour nous. Comme l'amour exige la liberté, c'est donc librement que Dieu nous donne sa grâce, s'il le veut, quand il le veut, et comme il le veut.


Face à cet Amour gratuit et libre de Dieu, qu'allons-nous faire ? Que faisons-nous déjà ? Pouvons-nous rester indifférents ? Devons-nous répondre à l'Amour de Dieu ? Autant de questions que nous nous posons de temps à autres...


Il est clair que nous restons libres de répondre ou de ne pas répondre à l'Amour de Dieu. C'est le drame de toute l'Histoire humaine. Rappelons-nous Adam et Ève. Tentés par le serpent, c'est-à-dire le démon, ils ont tous deux préféré un bien créé au Bien incréé, qui est Dieu. Et ils ont péché.


Dieu veut faire alliance avec l'homme, dans l'Amour, mais l'homme ne veut pas. Comme le dit le Prophète Isaïe dans la première lecture de ce jour, laissant parler le Seigneur : "Je veux conclure avec vous une alliance éternelle, vous octroyant les faveurs assurées à David." (Is 55, 3) Aussi Dieu n'a pas hésité. Il a envoyé son Fils, toujours gratuitement, afin de rétablir l'amitié possible entre Dieu et l'homme, et de conclure une Alliance nouvelle et éternelle, dans le Sang de son Fils.


La première bénéficiaire de cette Alliance nouvelle dans le Christ est et restera toujours la Très Sainte Vierge Marie, celle qui est "pleine de grâce" (Lc 1, 35). Grâce à l'Alliance entre Dieu et l'homme, Marie, la Mère de Jésus, est devenue l'Épouse de l'Esprit-Saint, l'Esprit qui est Don de Dieu, et Don de soi de Dieu. Que la Très Sainte Vierge Marie soit vraiment pour nous la Médiatrice de toutes les grâces de Dieu !



Rm 8, 35 & 37-39


Rm 8, 35, Qui pourra nous séparer de l'amour du Christ ? Sera-ce l'affliction ? ou l'angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le péril ou l'épée ? 37, En tout cela nous remportons la victoire par celui qui nous a aimés. 38, J'ai, en effet, la ferme conviction que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les principautés, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni les sommets ni les abîmes, ni quoi que ce soit dans la création, ne pourra nous séparer de l'amour que Dieu nous témoigne dans le Christ Jésus, notre Seigneur.


Au Paradis terrestre, Dieu a éprouvé Adam et Ève. Dieu voulait savoir si l'homme et la femme qu'il avait créés l'aimaient vraiment. Hélas, comme nous l'avons dit, ils ont péché. Depuis ce temps, Dieu cherche toujours des hommes et des femmes fidèles à son Amour. Tel le saint homme Job.


"Un jour que les Fils de Dieu venaient se présenter devant le Seigneur, Satan parut aussi au milieu d'eux en présence du Seigneur. Le Seigneur lui dit : «As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n'a pas son pareil sur la terre, intègre, droit, craignant Dieu et éloigné du mal.» Satan se retira de la présence du Seigneur et frappa Job d'une lèpre maligne depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête. Sa femme lui dit : «Tu persistes encore dans ton intégrité ? Maudis Dieu, et meurs !» - «Tu parles, lui répondit-il, comme une insensée. Nous acceptons le bonheur de la main de Dieu ; ne devons-nous pas aussi accepter le malheur ?» En tout cela, Job ne pécha point en paroles." (Job 2, 1...10)


Dieu nous aime ! Même s'il met sur notre route des obstacles et s'il parsème notre vie de temps divers, parfois heureux, parfois malheureux, Dieu ne cesse pas de nous aimer : c'est vrai, croyons-le ! C'est ce que dit Saint Paul dans la deuxième lecture de ce dimanche : "J'ai, en effet, la ferme conviction que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les principautés, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni les sommets ni les abîmes, ni quoi que ce soit dans la création, ne pourra nous séparer de l'amour que Dieu nous témoigne dans le Christ Jésus, notre Seigneur." (Rm 8, 38)


Il reste, bien sûr, à nous poser cette question : si Dieu nous aime et continue de nous aimer, allons-nous continuer nous aussi à aimer Dieu ? Il n'y a pas de réponse à cette question, car la question est mal posée. En effet, Saint Jean nous dit : "En ceci consiste l'amour : non pas que nous ayons aimé Dieu, mais que lui nous a aimés, et a envoyé son Fils expier nos péchés." (1 Jn 4, 10) Et : "Nous aimons parce que lui, le premier, nous a aimés." (1 Jn 4, 19) Croyons que Dieu nous aime et ayons confiance en la grâce qu'il ne cesse de nous donner dans son amour tout-puissant ! Ainsi, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu et du Christ !



Mt 14, 13-21


Mt 14, 13, Jésus partit de là (Capharnaüm ?) en barque pour se retirer à l'écart dans un endroit désert ; mais le peuple l'apprit, et la foule des villes le rejoignit à pied. 14, Quand il débarqua, Jésus vit cette foule nombreuse, s'attendrit sur elle, et guérit leurs malades. 15, Il se faisait tard. Groupés autour de lui, les disciples lui dirent : «L'endroit est désert, et l'heure avance déjà ; congédie ces gens pour qu'ils aillent s'acheter des vivres dans les villages.» 16, Mais Jésus répondit : «Ce n'est pas nécessaire : donnez-leur vous-mêmes à manger.» - 17, «Mais, lui dirent-ils, nous n'avons ici que cinq pains et deux poissons.» - 18, «Apportez-les moi», dit-il. 19, Il fit alors s'étendre la foule sur l'herbe ; il prit les cinq pains et les deux poissons et, les yeux levés au ciel, il prononça une bénédiction. Rompant ensuite les pains, il les tendit à ses disciples, qui les distribuèrent au peuple. 20, Tous mangèrent à satiété ; et des morceaux qui restaient on emporta douze corbeilles pleines. 21, Or, sans compter les femmes et les enfants, le nombre des convives s'élevait à cinq mille hommes environ.


L'évangile de ce dimanche est on ne peut plus clair pour nous montrer combien est grand, immense, débordant l'amour de Dieu pour les hommes ! Jésus guérit les malades, passe un long temps à instruire la foule, et finalement multiplie pains et poissons afin que tous puissent manger à satiété !


Pareillement, dans notre vie, si nous y faisons attention, nous verrons que Dieu nous a donné tant de grâces, tel le Baptême, et tous les bienfaits de la Rédemption. Tel aussi nos parents, et toute notre famille, nos amis et toutes nos relations tissées au fil du temps. Remercions le Seigneur pour tant de grâces !


Demandons surtout à la Très Sainte Vierge Marie de remercier le Seigneur pour nous et avec nous, en offrant à Dieu, par Marie, notre liberté et tout notre coeur !



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