Homélie pour le vingt-cinquième Dimanche
dans l'Année - Année A

Is 55, 6-9 - Ph 1, 20c-24, 27a - Mt 20, 1-16a

par le Chanoine Dr. Daniel Meynen


Dieu : point de référence



Is 55, 6-9


Is 55, 6, Cherchez le Seigneur, puisqu'il se laisse trouver, invoquez-le, puisqu'il est proche. 7, Que le méchant renonce à sa conduite, et le pécheur à ses projets ; qu'il revienne au Seigneur qui en aura pitié, et à notre Dieu qui pardonne généreusement. 8, Car mes pensées ne sont pas les vôtres, et vos façons d'agir ne sont pas les miennes, dit le Seigneur. 9, Mais autant le ciel domine la terre, autant ma conduite est supérieure à la vôtre et mes pensées surpassent les vôtres.


Dans la première lecture de ce dimanche, le Prophète Isaïe commence par inviter ses auditeurs à chercher le Seigneur car, dit-il, il se laisse trouver. Qui ne chercherait qui ou quoi que ce soit alors qu'il est sûr de le trouver ? Tous, nous sommes avides de posséder ceci ou cela. Pourquoi ne pas se mettre à la recherche de Dieu, afin de le posséder, un jour, pour l'éternité ? Car Dieu est le Bien suprême, le Bien parfait et unique par excellence, ce Bien que l'on peut même toucher, par la Foi, une Foi animée par la prière faite dans la charité : "Cherchez le Seigneur, puisqu'il se laisse trouver, invoquez-le, puisqu'il est proche." (Is 55, 6)


Dans notre vie, tout consiste à nous tourner vers Dieu, de regarder dans sa direction, et d'apprendre tout de lui. "Que le méchant renonce à sa conduite, et le pécheur à ses projets ; qu'il revienne au Seigneur qui en aura pitié, et à notre Dieu qui pardonne généreusement." (Is 55, 7) Regarder Dieu par les yeux de la foi, dans l'attente de la vision éternelle : voilà tout le but de l'homme ou de la femme sur la terre. Il n'y a pas d'autre but que celui-là. Tout autre objectif, tel, par exemple, la possession de l'argent ou la recherche du plaisir, est vain et inutile. Car Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance, voulant, par là, être lui-même notre seul bonheur !


Si nous cherchons Dieu, nous le trouverons, immanquablement ! Mettons-nous à l'oeuvre ! Qu'attendons-nous ? Que la mort nous surprenne ? Alors, il sera trop tard... Mettons-nous donc au travail ! Prions le Seigneur ! Il nous donnera sa grâce et son Esprit-Saint, et alors nous ne craindrons pas d'entendre le Seigneur dire lui-même : "Mes pensées ne sont pas les vôtres, et vos façons d'agir ne sont pas les miennes." (Is 55, 8)



Ph 1, 20c-24, 27a


Ph 1, 20c, Frères, aujourd'hui comme toujours, le Christ sera glorifié dans mon corps, soit par ma vie, soit par ma mort ; 21, car ma vie, c'est le Christ, et la mort m'est un gain. 22, Mais, si la vie dans ce corps est utile à mon oeuvre, je ne sais alors que préférer. 23, Je suis pressé des deux côtés : mon souhait est de m'en aller pour être avec le Christ, et ce serait de loin préférable ; 24, mais, pour vous, il est nécessaire que je demeure dans la chair. 25, J'en suis convaincu, je le sais : je resterai et demeurerai avec vous tous, pour le progrès et la joie de votre foi. 26, Et ainsi mon retour auprès de vous vous donnera un nouveau sujet de fierté dans le Christ Jésus. 27, Seulement montrez-vous, dans votre conduite, dignes de l'Évangile du Christ.


Le passage que nous lisons aujourd'hui comme seconde lecture liturgique est assez connu. La grande Thérèse, Sainte Thérèse d'Avila, fondatrice du Carmel réformé, a vécu pareille situation au cours de sa vie fort bien remplie, tant par la prière que par les fondations de plusieurs monastères. Comme Saint Paul, Sainte Thérèse d'Avila était arrivée à ce point de la vie spirituelle qu'elle était partagée entre deux amours très forts et indissociables : l'amour du Seigneur - un amour qui surpasse tout - et l'amour de l'Église.


D'une part, Sainte Thérèse aurait souhaité que la mort vienne l'emporter pour jouir du Seigneur pour l'éternité, dans le Ciel ; d'autre part, la même Sainte souhaitait rester auprès de ses soeurs de religion, afin de continuer avec elles l'expansion du Règne de Dieu sur la Terre ! Comme Saint Paul, elle pouvait dire : "Je suis pressé des deux côtés : mon souhait est de m'en aller pour être avec le Christ, et ce serait de loin préférable ; mais, pour vous, il est nécessaire que je demeure dans la chair." (Ph 1, 23-24)



Mt 20, 1-16a


Mt 20, 1, Jésus disait à ses disciples : «Il en va du royaume des cieux comme d’un propriétaire qui sortit de grand matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. 2, Il convint avec eux d’un denier par jour, et les envoya travailler à sa vigne. 3, Vers la troisième heure, il sortit encore, en vit d’autres en train de flâner sur la place, 4, et leur dit : Allez, vous aussi, travailler à ma vigne et je vous donnerai un juste salaire. 5, Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers la sixième heure et vers la neuvième, et fit de même. 6, Sorti enfin vers la onzième heure, il en trouva d’autres encore désoeuvrés sur la place : Pourquoi, leur dit-il, rester ici à chômer toute la journée ? 7, Ils répondirent : Personne ne nous a embauchés. - Allez, leur dit-il, vous aussi, travailler à ma vigne. 8, Le soir vint. Le propriétaire de la vigne dit à son régisseur : Fais venir les ouvriers ; paie-les, en allant des derniers aux premiers. 9, Les hommes embauchés à la onzième heure vinrent, et reçurent un denier par tête. 10, Quand les premiers se présentèrent, ils s’attendaient à toucher davantage ; mais ils reçurent également un denier par tête. 11, Et en le recevant, ils murmuraient contre le propriétaire : 12, Ces derniers, disaient-ils, n’ont travaillé qu’une heure, et tu les traites comme nous qui avons supporté la fatigue du jour et de la chaleur. 13, Le maître avisa l’un d’eux : Mon ami, dit-il, je ne te fais point de tort ; ne sommes-nous pas convenus d’un denier ? 14, Prends ce qui te revient et va-t’en. Il me plaît de donner à ce dernier autant qu’à toi. 15, N’aurais-je peut-être pas le droit de disposer de mon bien comme il me plaît ? Vois-tu d’un mauvais oeil que je suis bon ? 16, Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront derniers.»


Une autre Thérèse, Sainte Thérèse de Lisieux, Docteur de l'Église, tout comme la grande Thérèse d'Avila, aurait pu nous donner un commentaire de cet évangile par une simple leçon de choses. Elle se serait baissée, là, devant nous, et courbée vers le sol, le nez presque dans la poussière, elle aurait ramassé une épingle, ou quoi que ce soit de négligeable, mais en se redressant, elle aurait porté le monde sur ses frêles épaules afin de l'offrir à Dieu dans l'élan de son coeur rempli d'amour ! Droite devant vous, elle aurait déclaré, comme un docteur du haut de sa chaire, que ramasser une épingle par amour pour Dieu peut sauver une âme, ou tout au moins la convertir !


Assurément, tous les ouvriers envoyés par le maître n'ont pas tous travaillé de la même manière, ni pendant un temps égal pour chacun. Mais ce n'est pas la peine endurée ni le poids du travail supporté qui compte aux yeux du Seigneur. Non. Ce qui compte, c'est accomplir sa volonté ! Avec un ouvrier, le maître a convenu de lui donner pour salaire un denier. Avec un autre ouvrier, qui aura travaillé moins que le premier, le maître aura aussi convenu de lui donner un denier. Qu'est-ce qui importe ? Le temps de travail ? Ou le fait de recevoir un denier, signe de la récompense de la vie éternelle ?


N'oublions pas ce que Saint Paul a écrit : "J'estime qu'il n'y a pas de proportion entre les souffrances du temps présent et la gloire future qui doit se révéler en nous." (Rm 8, 18) La Vie éternelle n'est pas un dû : c'est une grâce ! Que la Très Sainte Vierge Marie nous conduise tous sur le Chemin d'éternité !



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