Homélie pour le quatrième dimanche de Pâques

Année A  -  Jean 10, 1-10


par

le Père Daniel Meynen
 
 

"«En vérité, en vérité, dit Jésus, celui qui n’entre point par la porte dans la bergerie, mais s’y introduit par ailleurs, est un voleur et un brigand.  Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis.  Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix : il les appelle par leur nom et les mène à la pâture.  Quand il les a toutes fait sortir, il prend leur tête, et les brebis le suivent parce qu’elles connaissent sa voix.  Elles ne suivront pas un étranger ; au contraire, elles le fuiront parce qu’elles ne connaissent point la voix des étrangers.»  Telle fut la parabole que Jésus leur dit ; mais ils ne saisirent pas bien ce qu’il voulait leur dire.


"Et Jésus leur dit encore : «En vérité, en vérité, je vous le dis, c’est moi, la porte des brebis.  Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point écoutés.  C’est moi la porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé : il pourra aller et venir et trouver de la pâture.  Le voleur ne vient que pour dérober, pour égorger, pour détruire ; moi, je suis venu pour qu’on ait la vie, et qu’on soit dans l’abondance.»"



Homélie :


"«En vérité, en vérité, dit Jésus, celui qui n’entre point par la porte dans la bergerie, mais s’y introduit par ailleurs, est un voleur et un brigand.  Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis.  Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix : il les appelle par leur nom et les mène à la pâture.»"

Jésus le Bon Pasteur des brebis : voilà le thème de l’évangile de ce quatrième dimanche de Pâques !  C’est une image bien connue, qui nous porte à une confiance tendre et douce envers notre Sauveur et Maître, Jésus de Nazareth, le Ressuscité !  Mais il semble que dès le début, dès que Jésus eût livré cette histoire, cette parabole à ses disciples, ils n’en saisirent pas toute la portée ni le sens profond et un tant soit peu mystérieux : "Telle fut la parabole que Jésus leur dit ; mais ils ne saisirent pas bien ce qu’il voulait leur dire."

Voyons quels sont les éléments dont parle Jésus.  Il y a : la bergerie, le berger, la porte, le portier, les brebis, la pâture, le voleur.  Dans le passage de cet évangile, Jésus dit être "la porte".  Mais il apparaît clairement, d’après le sens général, qu’il est aussi le berger ; d’ailleurs, il dira un peu plus loin : "C’est moi le bon berger." (Jn. 10, 11)  Il est clair aussi que les brebis, ce sont les hommes et les femmes qui désirent ardemment être sauvés de la mort éternelle par Jésus, le Fils de Dieu, celui qui est le "bon berger".  Par opposition, on peut identifier le voleur, et tous les brigands comme étant Satan et tous ses suppôts, ceux qui veulent perdre les âmes pour l’éternité.  Restent trois éléments : la bergerie, le portier, la pâture.

L’élément central, le portier, explique aisément le sens des deux autres éléments.  Jésus dit : "Celui qui entre par la porte est le berger des brebis.  Le portier lui ouvre."  Ordinairement, une porte, si elle est fermée, on l’ouvre à l’aide d’une ou de plusieurs clés ; et donc, si le portier ouvre au berger, pour qu’il puisse entrer, c’est en utilisant les clés de son office.  Ainsi, il est clair que le portier, c’est ici l’Apôtre Pierre, celui auquel Jésus a dit : "Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux." (Mt. 16, 19)

Si Pierre est le portier, alors la bergerie, c’est l’Eglise, et la pâture, c’est le royaume des cieux.  Même s’il n’y a plusieurs bergeries (cf. Jn. 10, 16), il n’y a cependant qu’une seule pâture à laquelle toutes les brebis sont appelées à aller paître, moyennant l’office d’un seul et unique portier, Simon-Pierre.  Ainsi, Jésus a ajouté : "J’ai d’autres brebis encore qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les amène ; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger." (Jn. 10, 16)  La réalisation finale que le Seigneur Jésus, le Ressuscité, veut accomplir selon la volonté de son Père, c’est l’unité de toutes les brebis sous la tête d’un seul pasteur !

"«Quand il les a toutes fait sortir, il prend leur tête, et les brebis le suivent parce qu’elles connaissent sa voix.  Elles ne suivront pas un étranger ; au contraire, elles le fuiront parce qu’elles ne connaissent point la voix des étrangers.»

"Quand il les a toutes fait sortir . . ."  Cette parabole s’applique au temps de la Résurrection finale, alors que "toutes" les brebis sortiront de la bergerie pour entrer dans la pâture du Royaume des Cieux, à la suite du Christ, le bon berger qui marche à la tête de l’unique troupeau que son Père lui a confié.  Alors, toutes les brebis entendront la voix du pasteur, cette voix qui est celle de la Parole même de Dieu !  Alors, cette voix fera l’unité de tous en celui qui est l’Unique Parole de Dieu !  "Quand il les a toutes fait sortir, il prend leur tête, et les brebis le suivent parce qu’elles connaissent sa voix."

Lorsque le Seigneur reviendra à la fin des temps, les Anges seront les porte-parole de cette voix unique, ferme et douce à la fois, cette voix qui fait déjà, en espérance, l’unité de toutes les brebis : "Au signal donné, dit Saint Paul, à la voix d’un archange, au son de la trompette de Dieu, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront les premiers.  Ensuite, nous, les vivants qui serons encore là, nous serons enlevés ensemble avec eux sur les nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs.  Ainsi, pour toujours, nous serons avec le Seigneur." (1 Th. 4, 16-17)

"«C’est moi la porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé : il pourra aller et venir et trouver de la pâture.  Le voleur ne vient que pour dérober, pour égorger, pour détruire ; moi, je suis venu pour qu’on ait la vie, et qu’on soit dans l’abondance.»"

Jésus tient à le dire et à le redire : "C’est moi la porte."  Il y a un passage obligé pour avoir la vie, et pour l’avoir en abondance : c’est Jésus, le bon pasteur !  Mais attention au voleur !  "Le voleur ne vient que pour dérober, pour égorger, pour détruire ; moi, je suis venu pour qu’on ait la vie, et qu’on soit dans l’abondance."  Si Jésus est le bon pasteur et la porte par où les brebis doivent passer pour avoir la vie, alors, attention !  Il y aussi le voleur, qui pourrait bien ressembler au bon pasteur, et être lui aussi une porte, mais une porte qui conduit à la perdition !  "Entrez par la porte étroite, car large est la porte et spacieuse la voie qui mènent à la perdition, et nombreux ceux qui s’y engagent.  Mais étroite est la porte et resserrée la voie qui mènent à la vie, et rares ceux qui la trouvent." (Mt. 7, 13-14)

Jésus est le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis : "Le bon pasteur expose sa vie pour ses brebis . . .   Je donne ma vie pour mes brebis." (Jn. 10, 11 et 15)  Contemplons Jésus, bon pasteur, qui donne sa vie pour nous !  Adorons-le dans le Mystère de son Eucharistie !  Demandons à Marie, au cours de cette célébration dominicale, le don de la foi et de la confiance en son divin Fils, afin que, réellement, en recevant l’Eucharistie, Jésus, le bon pasteur, nous donne la vie en abondance !